C’est avec un « règlement de contes » festif et convivial que s’est ouverte la saison des cafés littéraires du CFP Emmanuel Mounier le 23 octobre dernier. Réunis autour d’un délicieux goûter, la Belle au Bois Dormant, Cochonou, le Vilain Petit Canard et Chaperon Rouge ont régalé l’audience d’un florilège des nombreuses versions de leurs existences mouvementées dans le cadre d’une savoureuse mise en scène d’un plateau de téléréalité.
Au travers des citations de leurs contes sources respectifs et des adaptations variées qui ont fleuri, les personnages ont peu à peu pris conscience de leur propre présence médiatique sous l’œil attentif de deux journalistes en charge de l’animation.
Nos héros du jour ont d’abord présenté leur lignée. La Belle au Bois Dormant est née en 1697 dans les Contes de ma Mère l’Oye de Charles Perrault. Le Vilain Petit Canard est né en 1842 avec Andersen et Cochonou émerge au XVIIIème siècle de parents inconnus. Quant au Chaperon Rouge, sœur de la Belle, elle peut également faire valoir une autre filiation légitime grâce aux frères Grimm et de nombreuses adaptations à son actif …..même au prix d’un changement de couleur ! Ce qui n’est pas sans susciter quelques émois chez ses frères et sœurs de parodies dont l’ego est parfois mis à mal dans certains ouvrages tels que «La Laide au Bois Dormant » de Grégoire Solotareff ou bien « La vérité sur l’affaire des trois petits cochons » de Jon Sciezska.
Les auditeurs ont pu constater que de nombreux auteurs de littérature de jeunesse tels que Yvon Pommaux, Michel Van Zeveren, Rascal, Philippe Corentin, Geoffroy de Pennart, Claude Ponti, Jean Claverie, Gianni Rodari se sont essayés tour à tour à la parodie de ces textes originels.
Contes et parodies sont propices à de nombreuses découvertes littéraires et de mises en réseau. Ces histoires, parfois cruelles, sont importantes pour l’imaginaire et la construction de l’identité des enfants. Des pistes pédagogiques ont été évoquées dans le cadre du débat avec les auditeurs : changement de point de vue, fiabilité du narrateur, personnage victime ou persécuteur, relation entre le texte et l’image…
Enfin, cerise sur le gâteau, les collègues de Guadeloupe réalisant une partie de leur année professionnelle au CFP ont conclu ces échanges par la lecture d’un conte créole où la musicalité de la langue donnait un écho particulier à sa traduction française.
Toute la salle a applaudi avec un réel enthousiasme les organisatrices de ce très beau moment de partage ludique et foisonnant ! |